
L’étreinte fatale, l’instrumentalisation réciproque du pouvoir politique et militaire en Afrique
Kouamé Django
$37.50
Il est un phénomène spectral qui hante la trajectoire socio-politique des formations sociales postcoloniales en Afrique, une figure récurrente que le discours idéologique dominant s'épuise à décrire sous les atours contingents de la pathologie, de la malédiction des ressources ou de l'échec institutionnel. Ce phénomène, nous le nommons ici, dans sa nudité conceptuelle, l’étreinte fatale. Cette étreinte fatale qui est l’instrumentalisation réciproque du pouvoir politique et militaire des États africains ne saurait être résolue par des réformes cosmétiques ou des appels moralisateurs à la bonne gouvernance. Elle exige une analyse de classe impitoyable qui identifie dans l'État postcolonial, dans sa forme civile comme militaire, le gardien suprême d'un ordre économique mondial inégal. La solution ne réside pas dans un simple retour des civils au pouvoir, souvent les mêmes acteurs sous un autre habit, mais dans le dépassement révolutionnaire de la formation sociale capitaliste dépendante elle-même. Seule l'émergence d'une conscience de classe parmi les masses laborieuses, capable de s'emparer de la question de l'État et de briser les chaînes de l'impérialisme, peut briser cette dialectique infernale et ouvrir la voie à un développement authentique, autocentré et émancipateur.
978-1-917916-71-4
